9 octobre, un avertissement lancé au gouvernement...

Salariés du public et du privé, lycéens, étudiants et retraités ont fait grève et ont manifesté dans la toute la France le 9 octobre, pour défendre le modèle social et rappeler leurs revendications.

Mardi 9 octobre, la rentrée sociale s’est invitée dans la rue. Avec succès. Salariés des secteurs public et privé, lycéens, étudiants et retraités ont battu le pavé, dans les départements et dans la capitale, lors d’une journée de mobilisation et de grève interprofessionnelle organisée par FO, la CGT, Solidaires et les organisations de jeunesse UNEF (étudiants), FIDL et UNL (lycéens).

Des dizaines de milliers de manifestants

Près d’une centaine de cortèges ont été recensés au total. Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé un peu partout en France métropolitaine et dans les DOM-TOM, dans les métropoles telles que Marseille, Lyon, Nantes, Toulouse ou Strasbourg, mais aussi dans des agglomérations de taille plus modeste. A Guéret (Creuse), les militants et sympathisants FO se sont mobilisés en masse, représentant environ la moitié des effectifs présents à la manifestation. A La Réunion, pas moins de 2 500 personnes ont défilé dans les rues de Saint-Pierre.

A Paris, les 50 000 manifestants, qui ont défilé entre la gare Montparnasse et la place d’Italie, ont rappelé sur leur banderole de tête leurs revendications, qu’ils étaient mobilisés pour un libre accès à l’éducation, l’emploi, les services publics, la retraite par répartition.

Un modèle social attaqué de toutes parts

Peu avant le départ du cortège, en début d’après-midi, Pascal Pavageau, secrétaire général de FO, s’est félicité d’un niveau d’engagement réel, selon les premières remontées des manifestations qui avaient eu lieu le matin en province. Il a appelé le gouvernement à retrouver le chemin du dialogue et surtout à maintenir le modèle social.

Un modèle attaqué de toutes parts, avec de nombreux projets de réforme en cours ou à venir, comme celle de la Fonction publique (CAP 22), celles à l’œuvre dans l’Education nationale, la renégociation à haut risque de l’assurance chômage, la future réforme des retraites ou encore le plan santé qui ne donne aucun moyens supplémentaires aux établissements de santé.

Mobilisés pour la retraite et les services publics

Les lycéens et étudiants manifestaient aussi contre la sélection Parcoursup, qui laisse de nombreux jeunes sans solution d’inscription. Quant aux retraités de l’Union confédérale des retraités FO (UCR-FO), après une mobilisation spécifique avec huit autres organisations de retraités le 3 octobre contre la hausse de la CSG et contre une revalorisation de leurs pensions inférieures à l’inflation, ils étaient aussi largement présents dans les cortèges.

Rencontrée dans la manifestation parisienne, Colette Laplanche, secrétaire du syndicat départemental de l’Action sociale de l’Essonne, a fustigé le manque de personnel criant dans son secteur professionnel. Elle dénonce des conditions de travail absolument déplorables que ce soit dans les Ehpad ou dans les établissements qui accueillent les enfants handicapés ou les jeunes en difficulté.

Défendre le statut des fonctionnaires

Yasmina Benchiha, secrétaire de la section FO à la direction régionale interdépartementale de l’équipement et aménagement (DRIEA), se bat quant à elle en priorité pour défendre le statut des fonctionnaires et contre les restructurations prévues dans le cadre de CAP 22.

Au ministère de l’Ecologie et de la transition énergétique, nous craignons 40 000 suppressions de postes sur les 50 000 que compte notre ministère, autant dire la fin du ministère, s’inquiète-elle.

Vincent Martin, secrétaire de la section FO de l’hôpital Cochin, est mobilisé pour les conditions de travail à l’hôpital et pour les retraites. Déjà à travailler on ne gagne pas beaucoup, et ce qu’on nous promet pour la retraite, c’est encore moins qu’aujourd’hui, alors si on veut vivre décemment à la retraite, il faut être dans la rue aujourd’hui, estime-t-il.

Les organisations syndicales prennent date

Après une première mobilisation interprofessionnelle, le 28 juin, les organisations syndicales et de jeunesse ont pris date le 9 octobre en lançant un avertissement au gouvernement.

Avec les réformes qui se profilent, notamment sur les retraites, le combat se poursuit. Les organisations syndicales se tiennent prêtes à prendre leurs responsabilités, si le gouvernement reste sourd à leurs revendications.

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

11 octobre 2018

Françoise LAMBERT

www.force-ouvriere.fr