Hôpital : priorités divergentes

Le Premier ministre Édouard Philippe a lancé mardi 13 février une réforme d’ensemble du système de santé. Parmi les priorités du gouvernement : réformer le financement des hôpitaux et approfondir les regroupements d’établissements. FO Santé rappelle que le maintien d’une réelle offre de soins pour la population passe par le renforcement des budgets, l’arrêt des suppressions de lits et de postes.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait promis le lancement d’un plan de transformation du système de santé. Le Premier ministre Édouard Philippe, à ses côtés le 13 février lors d’une visite au centre hospitalier Simone Veil, à Eaubonne (Val-d’Oise), en a dévoilé les premiers contours. Au programme, cinq grands chantiers, autour desquels le gouvernement va ouvrir des concertations et des consultations, locales et nationales, de mars à mai.

Sans surprise, la réforme du financement des hôpitaux figure parmi les sujets prioritaires. Le gouvernement va appliquer la promesse de campagne d’Emmanuel Macron de réduire de 50% l’application de la tarification à l’activité (T2A), laquelle, selon la ministre de la Santé, pousse à une activité sans qualité.

Une seule solution : rompre avec l’enveloppe fermée et limitative

Cela ne réglera en aucune manière les difficultés croissantes des établissements qui sont pour la plupart confrontés à des plans de retour à l’équilibre avec des « feuilles de route » intenables imposées par les ARS (Agences régionales de santé, ndlr), prévient la fédération des services publics et de santé FO (SPS-FO). La seule solution, pour FO, consiste à rompre avec l’enveloppe fermée et limitative.

Le dossier de la réforme du financement sera confié à une équipe d’experts, associant l’assurance maladie à ses travaux, qui proposera d’ici à 2019 de nouveaux modèles, intégrant les médecins et les professions paramédicales libérales.

Ce type de financement au parcours de soins, qui évoque ceux en vigueur aux États-Unis et en Grande-Bretagne, ne laissent pas d’inquiéter FO-Santé. Le mois dernier en Grande-Bretagne, le National Health Service a dû déprogrammer 55 000 interventions, faute de personnels et de moyens, affirme Luc Delrue, secrétaire fédéral SPS-FO.

Les autres chantiers mis en route par le gouvernement concernent la qualité et la pertinence des soins, le développement du numérique, la formation des futurs soignants et l’organisation territoriale.

Les GHT, un casus belli pour FO

Sur ce dernier point, le gouvernement reste dans les pas du précédent, avec le développement de l’ambulatoire (chirurgie sans hospitalisation) et des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Le Premier ministre a indiqué que les GHT, créés par la loi Touraine de 2016, constituent une bonne première étape, qui doit encore être approfondie.

C’est un casus belli pour FO, car nous pensons que les GHT vont entraîner plus de 20 000 suppressions de postes dans les hôpitaux, indique Luc Delrue (FO), après les attaques contre le statut des fonctionnaires et contre la garantie de l’emploi, ces dernières annonces du Premier ministre justifient plus que jamais la mobilisation de la fonction publique le 22 mars.

Les fonctionnaires hospitaliers sont sur le pont.

14 février 2018

Françoise Lambert

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