Hôpitaux : Urgences saturées, patients en danger

Depuis trois semaines les urgences des hôpitaux entrent en grève, les unes après les autres, tant la situation est devenue insupportable dans l’univers médical français, pour toutes les catégories de soignants comme pour les patients. Aperçus dans la presse...

Marianne

Depuis l’activation du plan Hôpitaux en tension par le gouvernement, au mois de mars 2018, lorsqu’une épidémie de grippe provoquait un engorgement impossible à absorber pour 97 hôpitaux sur 650, les différents syndicats ont tenté par tous les moyens de sensibiliser l’opinion sur les difficultés des soignants. Peine perdue ?

La Croix

En effet, la situation ne date pas d’aujourd’hui. Confrontée à une forte dégradation de ses comptes depuis 2017, l’institution [la direction de l’AP-HP] a serré la vis sur ses dépenses de personnel, gelées jusqu’en 2023, ce qui s’est traduit par la suppression de 405 équivalents temps plein (ETP) l’an dernier. Une nouvelle diminution de 779 ETP est prévue cette année. Face à l’autisme du gouvernement, ce qui devait arriver, arriva !

Le Figaro

Le plus grand hôpital d’Europe avec 39 établissements, qui accueille plus de 10 millions de patients par an et emploie 120 000 personnes, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est confrontée depuis dimanche [14 avril] à un mouvement de grève. Dénonçant la violence devenue quotidienne, plusieurs services d’urgences ont entamé une grève illimitée, notamment à Lariboisière, la Pitié-Salpêtrière, Saint Louis et Tenon. Ils ont rejoint l’hôpital Saint Antoine, en grève depuis le 18 mars après une série d’agressions (cinq en une nuit).

Le Monde

Même constat pour le grand quotidien du soir. Alors que la fréquentation de ces services à l’AP-HP a crû au rythme soutenu d’environ 3% par an ces dernières années, les effectifs soignants n’ont pas augmenté en proportion. On nous demande de faire toujours plus avec moins, nous devons gérer 20 à 25 passages de plus par jour qu’en 2015 à effectif constant, raconte Orianne Plumet, infirmière de vingt-cinq ans, en poste aux urgences de la Pitié-Salpêtrière depuis plus de trois ans. Quand on a la tête sous l’eau, c’est le patient qui en pâtit, ce n’est plus la même qualité des soins, dit elle, en regrettant le non-remplacement des congés maternités sur lequel vient de revenir la direction du groupe, ou l’absence de ratio entre le nombre de patients et le nombre de paramédicaux.

Libération

Le nombre de patients aux urgences des hôpitaux a presque doublé en un peu plus de quinze ans, passant de 12 millions en 2002 à 22 millions en 2018 en France…Le plan du Directeur général, Martin Hirsch prévoit la suppression de 1 000 emplois pendant les cinq prochaines années. Cette casse n’est pas uniquement parisienne.

DNA (Dernières Nouvelles d’Alsace)

FO monte au créneau. Le syndicat FO des hôpitaux universitaires de Strasbourg dénonce une situation qui ne cesse de se dégrader depuis 2018,…, les mesures prises par l’ARS [Agence régionale de santé] Grand Est et son directeur Christophe Lannelongue n’ont pas suffi pour permettre aux agents l’exercice de façon optimale de leurs professions et une prise en charge de qualité que les citoyens sont en droit d’attendre d’un hôpital public.

Photographie © HAMILTON/REA

10 mai 2019

Christophe Chiclet

force-ouvriere.fr