Les 65 ans et + en emploi...

Une population en forte croissance ! Qui travaille après 65 ans ? Une étude de la DREES apporte des éléments intéressants, à méditer au regard des débats du moment...

La part des personnes âgées de 65 à 74 ans qui sont en emploi est en forte croissance depuis dix ans, même si elle ne représente encore que 5 %de cette classe d’âge. En comparaison avec les inactifs du même âge, les actifs occupés entre 65 et 74 ans sont plus souvent des hommes, en bonne santé, plus diplômés et résidant dans l’agglomération parisienne. Les cadres salariés mais aussi les indépendants et les agriculteurs sont surreprésentés dans ce groupe.

Comparés aux 60-64 ans en emploi, les actifs occupés entre 65 et 74 ans sont plus souvent indépendants et plus fréquemment à temps partiel quand ils sont salariés ; qu’ils soient salariés ou indépendants, leurs revenus d’activité sont plus faibles en moyenne.

Parmi les 65-74 ans en emploi, 70 % perçoivent également une pension de retraite ; ceux qui n’en perçoivent pas en parallèle sont plus souvent immigrés, de sexe féminin, en bonne santé et résidant dans l’agglomération parisienne. L’emploi de ces non-cumulants se distingue principalement par une durée de travail plus importante : 78 % sont à temps complet (contre 32 % pour ceux qui perçoivent une pension de retraite).

Quatre profils types de personnes en emploi après 65 ans se dégagent : les employées peu diplômées à temps partiel, les très diplômés et très qualifiés urbains, les commerçants et les agriculteurs âgés.

Enfin, parmi les déterminants extra-financiers qui sont associés à la décision de rester en emploi au-delà de 65 ans pour ceux qui étaient encore en emploi à cet âge, le non-salariat, l’absence de limitation dans les activités habituelles, la poursuite de l’activité du conjoint ou encore la faible différence d’âge avec le conjoint se détachent comme les facteurs explicatifs les plus significatifs.

L’allongement de la durée de vie est un fait majeur de nos sociétés contemporaines

La question est de savoir s’il se traduit d’une manière ou d’une autre par un prolongement de la vie active après 65 ans. De fait, depuis plus de dix ans, le taux d’emploi des 65 ans ou plus a quasiment triplé, passant de 1,1 % en 2006 à 3,0 % en 2017. Ces seniors, rapportés aux actifs occupés de 15 à 64 ans, représentent 1,4 % des actifs occupés en 2017, contre 0,3 % en 2006.

Cet éclairage vise à mieux connaître les personnes âgées de 65 à 74 ans en emploi à partir des enquêtes Emploi. Quelles sont leurs particularités, notamment socio-démographiques, en comparaison de celles des inactifs du même âge ? Quels emplois occupent-elles en comparaison de ceux occupés par les actifs de 60 à 64 ans ? Quelles sont les différences entre les 65-74 ans en emploi percevant une pension de retraite et ceux n’en percevant pas ? Quels profils types peut-on dresser des 65-74 ans en emploi ? Enfin, quelles raisons extra-financières poussent les gens occupant un emploi à 65 ans ou plus à le garder 18 mois plus tard ?

Les 65 ans ou plus en emploi : une population en forte croissance depuis 2006

Après une baisse continue depuis le début des années 1980, le taux d’emploi des 65 ans ou plus a fortement augmenté à partir de l’année 2006. Cette hausse suit globalement celle observée pour les 55-64 ans. Ces évolutions peuvent être reliées aux politiques publiques en matière d’emploi, notamment les réformes des systèmes de retraite, de préretraite, d’assurance chômage et l’assouplissement, depuis 2004, des conditions de cumul emploi-retraite. L’augmentation de l’espérance de vie et celle du niveau de qualification des générations concernées par ces réformes peuvent également avoir favorisé la hausse de l’emploi des seniors.

Enfin, les conditions d’emploi dégradées après la crise ont pu jouer un rôle, en retardant l’acquisition de droits nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein pour des personnes à carrière incomplète.

Comparés aux inactifs du même âge, les actifs occupés de 65 à 74 ans sont plus souvent des hommes, diplômés et en meilleure santé.

Enfin, 20 % de l’ensemble des actifs occupés de 65 à 74 ans résident dans l’agglomération parisienne, contre 12 % parmi les inactifs. Les personnes de 65 à 74 ans en emploi sont également un peu moins souvent propriétaires que celles inactives.

Les emplois des 65-74 ans diffèrent de ceux occupés par les inactifs du même âge, juste avant leur sortie du marché du travail. Ainsi, 29 %des personnes en emploi ont un poste de cadre ou une profession intellectuelle supérieure, contre 16 % parmi les inactifs. Cette plus grande proportion s’explique en grande partie par le plus haut niveau de diplôme des premiers.

Comparés aux plus jeunes actifs occupés de 60 à 64 ans, ceux entre 65 et 74 ans sont plus souvent non-salariés et à temps partiel quand ils sont salariés.

Après 65 ans, la part d’activités temporaires ou d’appoint progresse, de même que la part d’emplois à temps partiel. Les raisons du travail à temps partiel diffèrent avant et après 65 ans. La principale motivation de l’emploi à temps partiel chez les 65-74 ans est de compléter d’autres revenus, notamment leur pension de retraite. De leur côté, 30 %des actifs âgés de 60 à 64 ans estiment être à temps partiel contraint : ils aimeraient travailler davantage mais leur emploi actuel ne le leur permet pas. Ce temps partiel contraint recule après 65 ans : il ne concerne plus que 10 % des 65-74 ans à temps partiel.

La perception d’une retraite ou non dessine deux populations distinctes d’actifs occupés, notamment par le nombre hebdomadaire d’heures travaillées.

Un peu plus des deux tiers des actifs occupés de 65 à 74 ans perçoivent simultanément une pension de retraite et un revenu d’activité : ils sont dits « cumulants ».

Ainsi, près de la moitié des actifs occupés non retraités sont des femmes, contre quatre sur dix parmi les cumulants et près d’un actif occupé non retraité sur cinq est immigré, contre moins d’un sur dix parmi les cumulants. Les actifs occupés non retraités sont un peu plus diplômés, vivent beaucoup moins souvent en couple sans enfant et un peu plus fréquemment seuls et sont en bien meilleure santé. D’autre part, ils possèdent moins souvent leur logement, vivent deux fois plus souvent dans l’agglomération parisienne et résident bien moins fréquemment en commune rurale.

Réforme des contrats responsables en optique : moins de lunettes vendues et des prix moyens stables
En 2017, 12 millions de paires de lunettes ont été vendues en France. Les complémentaires de santé ont financé 73 % des dépenses d’optique médicale des Français, soit 4,5 milliards d’euros. Depuis le 1er avril 2015, les contrats d’organismes complémentaires dits « responsables » sont tenus, en optique médicale, de limiter la prise en charge à une paire de lunettes tous les deux ans et de respecter des garanties planchers et plafonds. La réforme a permis de limiter les renouvellements dans un délai inférieur à deux ans, avec pour conséquence une réduction de la quantité de lunettes vendues. Dans le même temps, la part d’équipements complets vendus à des prix supérieurs aux plafonds a baissé et les prix se sont concentrés entre les planchers et les plafonds, mais davantage dans la partie haute de cette fourchette. Cette évolution, déjà à l’œuvre avant la réforme, s’est intensifiée en optique simple. On constate également une plus forte concentration des prix des montures autour de 150 euros depuis 2015. En moyenne, le prix des équipements vendus est resté relativement stable au cours de la période.

Études et Résultats n° 1096, DREES, décembre 2018

24 avril 2019

Philippe Pihet

pour le Miroir Social