Les fonctionnaires se prononcent pour la convergence des luttes

Trois organisations (FO, CGT et Solidaires) de fonctionnaires (État, Territoriale et Hospitalière) appellent à la journée d’action du 16 novembre. Pour elles, en réponse à une politique ultralibérale menée par le gouvernement, l’heure est à élever le rapport de force en faisant converger les luttes du secteur public et du secteur privé. Et cela pour gagner. Après la journée nationale de grève et de manifestations (plus de 400 000 agents dans les rues) suivie massivement le 10 octobre, le rendez-vous salarial du 16 octobre entre les syndicats et le ministre de l’Action et des Comptes publics, chargé de la fonction publique, n’a pas permis pour autant de répondre aux revendications. Le 6 novembre un rassemblement de protestation organisé par les neuf organisations du secteur public dont l’UIAFP FO à Paris-Bercy et un boycott le même jour du Conseil commun de la fonction publique n’ont pas davantage conduit le gouvernement à entendre les demandes des agents. Ils ne cessent cependant de rappeler leurs revendications, notamment salariales. Les fonctionnaires, qui ont perdu près de 16 % de pouvoir d’achat depuis 2000, demandent une revalorisation immédiate de la valeur du point d’indice. Après six ans de gel du point puis une hausse de 1,2 % attribuée en deux temps (0,6 % en juillet 2016 puis 0,6 % en février 2017), le gouvernement a annoncé cet été un nouveau gel du point pour 2018.

Il faut développer les missions publiques

D’autres annonces sont jugées tout aussi inacceptables. Suppression de 120 000 emplois sur cinq ans, rétablissement dès 2018 du jour de carence pour maladie, absence de mécanisme permettant une compensation intégrale de la hausse de la CSG, laquelle n’est donc pas assortie d’un gain de pouvoir d’achat… Pour les agents, la coupe déborde. À ce mécontentement sur le pouvoir d’achat, les agents ajoutent celui relatif à la philosophie appliquée au débat sur les missions publiques (CAP2022). Avant même d’être lancé, ce débat, dont sont écartés les syndicats, prend la contrainte budgétaire pour clef de voûte. Alors que le gouvernement envisage sans s’en cacher la possibilité d’une privatisation et abandon de missions, les agents s’alarment d’une éventuelle nouvelle réduction de voilure de la sphère publique. Ils demandent au contraire un développement des missions publiques. Alors que moult services ont vu leurs effectifs laminés par les réformes engagées depuis plus de dix ans, ils revendiquent aussi des créations d’emplois là où c’est nécessaire, ainsi que des dispositifs ambitieux de lutte contre la précarité des emplois dans le secteur public.

14 novembre 2017

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Photographie F. Blanc (CC BY-NC 2.0)