Les retraités bravent l’hiver austère

La nouvelle mobilisation de retraités ce jeudi 31 janvier a donné l’occasion à certains médias de se pencher sur les retraites actuelles et sur ce qui se prépare pour celles à venir. Aperçus...

Le Monde

Rendez-nous notre pouvoir d’achat, voilà le message à faire passer à Emmanuel Macron, selon les neuf organisations (UCR-CGT, UCR-FO, UNAR-CFTC, UNIR-CFE-CGC, FSU-Retraités, Solidaires, FGR-FP, LSR, Ensemble et solidaires) à l’origine de cette nouvelle journée d’action, jeudi 31 janvier, la sixième depuis septembre 2017. Une mobilisation guère tempérée par le froid glacial jeté par cette sous-revalorisation des pensions, de 0,3% en 2019, bien en deçà de l’inflation attendue à 1,7 % par la Banque de France, [qui] a été maintenue, après cinq ans de gel ou quasi-gel des pensions.

Libération

Les retraités ne veulent pas des petits gestes du gouvernement. En décembre, Emmanuel Macron a annoncé que la hausse de la CSG ne toucherait finalement pas ceux dont les revenus sont inférieurs à 2 000 euros, soit 70% des retraités. Reprenez vos cadeaux ! répondent aujourd’hui les seniors à l’occasion d’une journée de mobilisation dans toute la France.

Sud Ouest

A Bordeaux, concrètement, les retraités exigent une revalorisation de leur pouvoir d’achat qui passe par l’annulation de la hausse de la CSG pour tous, la revalorisation des pensions (conformément au code de la sécurité sociale, à la hauteur de l’inflation : 1,7% pour 2018), le retour à l’indexation sur les salaires et le maintien de la pension de réversion selon les modes de calculs actuels. Afin d’équilibrer le budget de l’État, ils recommandent notamment la suppression du CICE et des exonérations de cotisations patronales, ainsi que l’éradication de la fraude et de l’évasion fiscale. Cette réforme des retraites, ce n’est pas possible. L’objectif est de diminuer le montant des pensions pour faire des économies. On ne pense pas aux conditions de vie des retraités qui ne cessent de baisser, peste Jacqueline Bret, de l’UDR FO qui participera au rassemblement prévu ce jeudi pour faire part de sa colère.

Le Figaro

Et ce n’est que le début du coup de froid : le rabotage des retraites est encore loin d’être terminé, la nouvelle année 2019 s’accompagne également d’un nouveau contingent de hausses de cotisations. Les fonctionnaires voient ainsi celle de l’assurance vieillesse de base augmentée pour la neuvième année consécutive de 0,27 point ; ce qui la porte désormais à 10,83 % (au lieu de 7,85% en 2010, soit une hausse de trois points). Les salariés ne sont pas en reste puisqu’ils voient également leur cotisation de retraite complémentaire (encore) augmenter cette année en raison de la fusion de l’Arrco (18,2 millions de cotisants) et de l’Argic (4,2 millions de cotisants), constatent Olivier Noël, fondateur de MaRetraite.fr., et Virginie Pradel, fiscaliste et présidente de l’institut fiscal Vauban, think tank dédié à la fiscalité.

Le Parisien

Un froid qui prend jusqu’aux vieux os : selon un document confidentiel adressé aux partenaires sociaux par Jean-Paul Delevoye [haut-commissaire à la réforme des retraites. NDLR], une surcote mais aussi une décote sont envisagées dans le futur système de retraite par points. Dans les quelques scénarios envisagés, on lit page 9 que l’application du coefficient reviendrait à définir comme aujourd’hui un système décote/surcote. Selon cette piste, il y aurait non seulement un bonus mais aussi un malus minorant le montant de la pension versée à ceux qui partiraient avant ou après des âges de référence afin de permettre aux assurés d’effectuer leurs choix.

Le Télégramme de Brest

Pour les retraités mobilisés en pays bigouden, c’est de l’esbroufe. Les futurs retraités n’auront aucune garantie !, lancent les représentants, qui voient dans cette réforme des effets pervers. (...) Ils avancent le cas de la Suède, qui a fait le choix du système par point. C’est le pays d’Europe où il y a le plus de retraités qui travaillent, continue-t-elle. (...) Ils le disent clairement, cette réforme n’est pas nécessaire car le système actuel fonctionne, relève Gaston Baillot. Depuis 2016, les comptes sont équilibrés. Les neuf représentants ont tout de même une pointe de satisfaction : La réforme devait se faire en janvier et, là, fin janvier, il n’y a rien, le calendrier a été reporté à juin voire juillet, fait remarquer Gaston Baillot. Ça montre bien qu’il faut se battre.

Photographie : F. Blanc (CC BY-NC 2.0)

1er février 2019

Michel Pourcelot

www.force-ouvriere.fr