"L'objectif est de privatiser : c'est la fin d'un modèle social"

dixit Christian Grolier - Secrétaire Général de FO Fonctionnaires, invité du Grand Matin Sud Radio ce matin pour évoquer la grève à venir dans le service public ce jeudi 22 mars... Pour y accéder, cliquer sur le lien ci-après

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Nouveau test social de grande ampleur pour le gouvernement d’Édouard Philippe. Ce jeudi 22 mars, les fonctionnaires seront dans la rue pour exprimer leur désaccord avec la politique gouvernementale et notamment la volonté de bouleverser le statut des fonctionnaires. Un mouvement social sur lequel est revenu ce matin Christian Grolier, secrétaire général de FO-fonctionnaires.

"Deux grandes revendications : pouvoir d’achat et maintien du statut général des fonctionnaires. Le statut général des fonctionnaires est le cadre juridique de l’emploi public, mais ce n’est pas que ça. C’est aussi le modèle social français, ce qui garantit notamment l’égalité de traitement de l’usager quand il vient dans le service public", explique-t-il. "Les quatre chantiers lancés par le comité interministériel de la transformation publique d’Édouard Philippe remettent en cause le principe de carrière. Si on remet en cause ce principe, on remet en cause le statut. (…) Quand vous consacrez la totalité de votre activité à une mission de service public, vous ne faites pas des petits boulots à côté pour arrondir les fins de mois. En échange de ça, le gouvernement vous garantit un déroulement de carrière (changement d’échelons, de grades, de corps, etc.)", poursuit-il.

"ON A DÉJÀ UN MILLION DE CONTRACTUELS, DU PERSONNEL EN SITUATION PLUS OU MOINS PRÉCAIRE"

Selon Christian Grolier, le projet du gouvernement met en danger le modèle social français. "Quand on dit qu’il y a 5,5 millions de fonctionnaires, c’est faux ! Il y en a 3,8 millions, nous avons déjà un million de contractuels, du personnel non titulaire plus ou moins en situation précaire. On voit bien que la volonté du gouvernement est de contractualiser, et ce n’est qu’une première étape car lorsque la mission est contractualisée, on peut plus facilement la privatiser. L’objectif est toujours de privatiser. C’est la fin d’un modèle social. Malheureusement, il n’y a aucun débat de fond là-dessus. Il n’y avait aucun engagement de Macron sur le sujet, le débat parlementaire est quasi-inexistant et on n’a pas de débat. Est-ce que les Français préfèrent demain tout payer plutôt que d’aller dans un service public financé par la solidarité, par l’impôt ?", se demande-t-il.

Reste à savoir désormais si l’ampleur des manifestations de demain seront de nature à faire fléchir le gouvernement. "Pour la fonction publique, on a répertorié 125 manifestations sur le territoire français. En ce qui concerne le nombre de grévistes et de personnes dans la rue, on verra bien demain. Le million, ce serait optimiste. Pour nous, il faut faire au moins aussi bien, si ce n’est mieux, que le mouvement social du 10 octobre dernier", indique-t-il.