Marche en mémoire de Jérôme et contre le travail qui tue

La Fédération des Services Publics et de Santé Force Ouvrière adresse ses sincères condoléances et s'associe à la peine de sa famille, de ses proches et de ses camarades.

Le 12 février en fin d’après midi, dans la zone industrielle de Saint-Laurent-Blangy (Arras, 62), près de 200 personnes ont participé à une marche en mémoire de Jérôme MARCASSIN. Voisins, collègues et camarades du syndicat ont répondu présents à l’appel lancé  par la famille et les proches du fonctionnaire territorial suicidé sur le lieu de travail au début du mois de janvier. Dans une ambiance emprunte de dignité et de gravité, il s’agissait pour eux de témoigner du rejet du travail qui tue.

Jérôme MARCASSIN était responsable du centre de tri du Syndicat Mixte Artois Valorisation (SMAV), une usine de tri et de traitement des déchets recyclables, recevant la matière première d’une large partie du département du Pas-de-Calais. Syndiqué depuis quelques années, Jérôme s’était engagé en qualité de représentant du personnel au Comité Technique (équivalent du CSE dans les collectivités territoriales) et au CHSCT depuis 2018.

Il revendiquait avec ses camarades du syndicat l’amélioration des conditions de travail. Il avait dénoncé un management décrit comme destructeur, notamment à l’occasion d’un mouvement de grève initié par FO en fin d’année 2019. Dernièrement, alors que la direction avait décidé de lui retirer une partie de ses responsabilités professionnelles, il devait faire face à des rumeurs non démenties de fermeture de l’établissement. Jérôme MARCASSIN a été retrouvé sans vie le soir du 9 janvier, dans une salle de réunion du centre de tri.



« Le syndicat est intervenu à plusieurs niveaux depuis son décès, pour défendre les intérêts de la famille de Jérôme et ses collègues de travail. L’urgence était d’obtenir la reconnaissance de l’accident de travail et de déclencher l’enquête du CHCST. Mais aussi de soutenir l’élan de solidarité autour des proches de Jérôme, qui ont reçu des témoignages de sympathie de nombreux syndicats FO du département. Enfin, et cette démarche est à la fois la plus longue et la plus difficile, le syndicat s’engage conjointement à la famille dans des poursuites judiciaires, pour que toute la lumière soit faite sur les responsabilités individuelles et que les coupables soient désignés. Tous les voyants étaient au rouge dans cet établissement, les décideurs ne pouvaient ignorer les problèmes humains, nous les avions alertés. De notre point de vue le nécessaire n’a pas été fait. 2020 est une triste année pour FO, dans le secteur public comme dans le privé nos représentants du personnel paient un lourd tribut. Notre devoir est de continuer leur action. »

Marc TAVERNE

Secrétaire départemental du Pas-de-Calais

(Fédération des services publics et de santé, branche territoriale)