Projet de réforme des retraites :

Reprise de la dernière circulaire : un système universel en points fera référence à l’intégralité des carrières et non plus aux 25 meilleures années ou aux 6 derniers mois.

Un régime en points servira donc mécaniquement une pension inférieure à ce qu’elle aurait été avec les régimes existants.

Un système universel ne règle en rien le sujet de l’âge de liquidation de sa pension. Il a été évoqué lors des rencontres « des âges de départ ». Qu’apporterait le nouveau système ? Nous l’avons dit, à enveloppe de dépenses constante, l’âge fixé à 62 ans devient un leurre si la pension est à minima, insuffisante pour boucler les fins de mois !

Comment seraient compensés le travail à temps partiel subi, le chômage ? Le travail à temps partiel subi est « féminin » à 80%, statistiquement, les femmes ont plus de difficultés à réintégrer le marché du travail après une deuxième maternité.

Les défenseurs de cette nouvelle « réforme » argumentent en critiquant le passé. Madame la ministre n’a pas hésité à employer le terme « bricolage » en évoquant les 25 dernières années.

Autre sujet d’inquiétude, la réversion. Certes, il existe une dizaine de règles sur l’attribution de cette prestation en fonction du régime du défunt.

Le 19 avril 2018, lors du premier colloque au Sénat, madame la ministre déclarait qu’il n’y aurait pas d’alignement par le bas. Dans ce cas, il reste deux possibilités : le statu quo ou l’alignement par le haut (60% du droit direct du défunt sans mise sous conditions de ressources).

Dernier point dans cette longue énumération, pourtant non exhaustive, les conditions de départ anticipé.

Que ce soient les carrières longues, le service actif dans la fonction publique (ses trois versants) ou encore dans les régimes spéciaux, les rencontres avec le HCRR ont permis de redire nos revendications bien sûr, mais aussi d’avoir le sentiment que « l’alignement » auquel faisait allusion Madame la Ministre il y a presque un an, se ferait plutôt par le bas.

Nous avons au contraire demandé, afin de prendre en compte, enfin, la pénibilité dans le privé (ce qu’il reste des dispositions de la loi de 2014 est indigent) un alignement par le haut, en fonction des métiers et activités exercées.

Cet argumentaire, forcément incomplet, ne peut faire l’impasse sur certaines suggestions récentes, notamment la proposition d’une indexation des pensions en fonction de leur niveau.

Contrairement à ce que déclarait le président de la République le 9 Juillet dernier devant le Congrès, la retraite est un droit, pas une libéralité accordée aux anciens par les actifs. Prospérer dans cette vision pourrait saper le fondement de ce qu’est la retraite aujourd’hui, un système contributif et solidaire basé sur la répartition.

Concernant la proposition d’une indexation des pensions en fonction de leur niveau, FO rappelle que la retraite est un droit, non une libéralité accordée aux anciens par les actifs. Prospérer dans cette vision pourrait saper le fondement de ce qu’est la retraite aujourd’hui, un système contributif et solidaire basé sur la répartition.

Pour FO la première des déclarations reste, et restera la résolution du Congrès de Lille : Le Congrès revendique le maintien des régimes de retraites tels qu’ils existent aujourd’hui : régime général, régimes spéciaux ainsi que les régimes complémentaires Agirc-Arrco gérés paritairement. […] la retraite n’est pas une prestation d’assistance mais un droit que se sont constitués les travailleurs tout au long de leur carrière.

9 avril 2019

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