Rentrée : les promesses ministérielles à l’épreuve de la réalité

La rentrée scolaire a connu ses premiers couacs. Mardi 5 septembre, la Fédération FO de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle (FNEC-FP FO) a fait état lors d’une conférence de presse de remontées déjà très nombreuses de grandes difficultés. Un important mouvement de grève a éclaté le premier jour de la rentrée dans les écoles de l’agglomération lyonnaise. Entre autres.

La suppression des contrats aidés provoque des situations intenables. Dans des écoles, ce sont les parents et parfois des élus locaux qui doivent faire le service à la cantine.

Accompagnants pour les enfants handicapés : « au mieux en décembre »

Dans plusieurs écoles de Seine-et-Marne, aucun agent spécialisé n’était présent pour accueillir les enfants handicapés. A la question des enseignants quand arriveront- ils ?, il a été répondu : au mieux en décembre.

Le 30 août dernier, la secrétaire d’État en charge des personnes handicapées avaient assuré qu’aucun enfant ayant besoin d’un accompagnant ne sera laissé sur le bord de la route cette année.

Elle avait toutefois précisé dans la foulée : il y a des problèmes de recrutement, c’est indéniable. Peut-être que l’accompagnant ne sera pas là le jour J, mais il sera là dans les semaines qui suivent. Les mois contiennent effectivement des semaines…

FO demande le renouvellement de tous les contrats aidés

Dans un tel contexte, on ne s’étonnera pas que le jour de la rentrée ait été ponctué de plusieurs grèves sur cette seule question des contrats aidés, comme en Indre-et-Loire, en Essonne ou en Gironde selon les premières informations recueillies.

Il n’y a qu’un seul moyen de régler le problème de la précarité de ces emplois, c’est de les intégrer au statut ou, dans le secteur privé, de les transformer en CDI. Dans l’urgence, nous demandons que tous les contrats aidés soient renouvelés, a réaffirmé Hubert Raguin, secrétaire général de la FNEC-FP FO lors de la conférence de presse.

La grogne est partout, elle commence à se transformer en colère et en grève

La grogne est partout, et pas seulement en réaction à la suppression des contrats aidés, a-t-il indiqué, précisant qu’il arrive maintenant que cette grogne se transforme en colère dans un certain nombre d’établissements où les collègues vont alors jusqu’à décider la grève.

Un constat confirmé par les secrétaires de syndicats FO, du premier degré, des lycées et collèges, du personnel administratif, de l’enseignement professionnel et des chefs d’établissement.

CP dédoublés + réduction de moyens = grève

Dans l’agglomération lyonnaise, la grève dans le premier degré à l’appel notamment de FO, a été particulièrement suivie.

Pas moins de 20 écoles classées en REP + (Réseau d’éducation prioritaire), soit 20%, n’ont pas ouvert leurs portes en ce lundi de rentrée scolaire, majoritairement à Vaulx-en-Velin, mais aussi à Vénissieux et à Bron. Quelque 150 instituteurs se sont rassemblés devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN).

Ici la colère s’est particulièrement nourrie de la mesure phare du ministre Jean-Michel Blanquer, le dédoublement des CP pour avoir des classes de 12 élèves, ou, plus exactement, de l’hypocrisie de cette mesure et de sa mise en œuvre.

Comme partout, coupes budgétaires obligent, le dédoublement des CP s’est fait en piochant dans des effectifs déjà existants jusqu’ici dédiés aux remplacements, ou à la lutte contre l’échec scolaire, notamment via le dispositif plus de maîtres que de classes.

Résultat : toutes les écoles REP + de l’agglomération lyonnaise se sont vues retirer leur enseignant supplémentaire qui permettait des moments de travail en petits groupes dans —toutes— les classes et le nombre d’élèves a augmenté dans toutes les autres classes que le CP.

De plus, dans de nombreux cas, les CP restent en réalité à 24, avec deux enseignants dans la même classe.

À noter au passage, qu’ailleurs, le choix a été de faire cohabiter deux CP à 12 dans la même salle, séparés par un simple paravent...

Les grévistes de l’agglomération lyonnaise ont mis en avant des revendications qui commencent à se faire entendre aux quatre coins de France : la baisse des effectifs dans toutes les classes, le maintien du droit pour les directeurs et les conseils de maîtres de constituer les classes comme ils l’entendent et le maintien des postes de maîtres supplémentaires.

6 septembre 2017

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