Et si 2020 était l'année du bio ? (intégralité de l'article ICI)

Considéré pendant longtemps comme une pratique marginale, le recours aux produits bio connaît une forte poussée chez les français qui sont 75 % à en consommer une fois par mois. Pourtant, il ne représente que 5 % des achats alimentaires nous rappelle un article paru dans le journal « Les Echos » le 2 janvier. Si les avantages du bio sont maintenant connus et peu remis en cause, ils ne suffisent pas à faire disparaître les faiblesses voire les idées reçues dont souffre le fameux label :
-  « Le bio, c'est cher » : un produit bio est en effet deux fois plus cher voire quatre fois dans le cas de la viande. En cause, des produits sans pesticides, qui bénéficient de plus d'espace ce qui se traduit par des rendements inférieurs à l'agriculture dite traditionnelle. Malheureusement, en 2018, l'Etat a mis fin aux subventions destinées à accompagner les agriculteurs qui passent au bio. Pourtant, consommer bio n'est pas forcément plus coûteux car cela s'accompagne souvent de meilleures pratiques alimentaires - moins de viande et plus de fruits et légumes.
-  « Les fruits et légumes bio viennent souvent de l'étranger » : si les surfaces cultivées en bio ont doublé en dix ans, elles ne constituent que 10% des exploitations agricoles. La demande des consommateurs étant largement supérieure à l'offre, les commerçants bio sont contraints de s'approvisionner à l'étranger, parfois au-delà de l'Union Européenne, ce qui est alourdit l'empreinte énergétique. Mais contrairement à une idée reçue, le fait qu'un produit bio vienne de l'étranger ne signifie pas qu'il soit de mauvaise qualité même si l'idéal est de s'approvisionner en bio auprès de producteurs locaux.
-  « Le label bio est une jungle » : le succès du bio s'est parfois traduit par des pratiques plus que discutables comme, par exemple, le bio « intensif » ce qui a amené les pouvoirs publics à y mettre bon ordre (fini les serres chauffées au fioul et les fraises en hiver). En revanche, les produits non alimentaires n'ont toujours pas de règle commune et les labels qui les accompagnent ont chacun leurs propres critères. Finalement, la principale faiblesse du bio est de ne pas être encore devenu une consommation de masse faute d'une offre suffisante. La révolution bio vient surtout des consommateurs qui, toujours plus nombreux, souhaitent des produits de qualité à des prix accessibles. Et si 2020 était enfin l'année de la démocratisation du bio ?

AFOC

Date: 
Lundi, 20 Janvier, 2020

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